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Trump : les réseaux sociaux responsables ?

En ce matin du mercredi 9 novembre 2016, la plupart des pays (démocratiques) se réveillent avec une sacrée gueule de bois. La population française, hormis quelques Nadine et Marine, se réveille outrée. Les journalistes qui prédisaient hier, comme nous, une victoire cinglante d’Hillary Clinton nous bombardent aujourd’hui d’articles sur ce que fera Donald Trump. Mais aussi, non sur la victoire du nouveau POTUS, mais sur la défaite de l’ancienne FLOTUS : il faut bien un coupable.
Car ce résultat inattendu ne réside pas en Donald Trump, mais plutôt en ces personnes connectées qui ont voté Donald Trump.

Petit itinéraire 2.0 de la naissance du mal.

L’incarnation
Donald Trump n’est pas l’idiot qu’on a bien voulu nous montrer. Grâce à un discours simple, populaire et populiste, il a réussi à faire croire à des millions d’Américains qu’il existait une partie de la population totalement délaissée par les deux mandats de Barack Obama. Au-delà d’être un certain modèle de réussite (milliardaire, une famille tout droit sortie d’une série américaine, avec une attitude d’insoumis), Donald Trump a réussi à créer et surtout à incarner l’Amérique des perdants.
Dès lors, des millions d’Américains se sont sentis Trump, ils ont été Trump. Toute attaque contre lui, les touchait directement. Tout moquerie contre lui, les touchait directement.

Le trolling
S’il y a bien une place pour la moquerie : c’est sur les réseaux sociaux. Depuis quelques mois, le nouveau Président est la risée d’internet. À force de photos commentées, de photos détournées, de photos retouchées, de sites dédiés, Trump est devenu un clown. Un clown alors entouré de pro-clowns. Quoi de plus désagréable d’être moqué chaque jour pour ses opinions et ses croyances ?
Est-ce que Donald Trump méritait d’être le bouffon des internets ? Ses frasques à la limite du racisme, de la xénophobie, de l’islamophobie et du sexisme parlent pour lui.
En revanche, les pro-clowns ne méritaient peut-être pas d’être moqués pis, d’être attaqués.

Le bullying
Le trolling s’est transformé en chasse aux sorcières. Impossible alors d’exprimer une quelconque sympathie pour celui qui dirige aujourd’hui la première puissance mondiale.
C’est bien simple, au premier doute concernant un internaute et ses possibles affinités trumpéennes, ce dernier était fusillé sur place. Moqueries, puis insultes, voire menaces physiques. En quelques semaines, les réseaux sociaux étaient coupés en deux : ceux qui détestaient Trump et ceux qui ne disaient plus mots.

La rancoeur
Les pro-Trump connectés, complètement coupés du sacro-sain « freedom of speech » n’ont eu qu’à se taire. À ravaler leurs idées et leur fierté.
Tandis que leur champion leur expliquait qu’ils étaient mis à l’écart, les réseaux sociaux n’ont fait que le confirmer et l’accentuer. Mais lorsque la rancoeur est trop amassée, elle finit par germer et déborder. Puis, à évoluer en un tsunami inarrêtable.

La vengeance
De la moquerie à la violence connectée à la sensation d’être mise à l’écart est né le pire des sentiments : la haine.
Cette haine s’est traduite en désir de ne pas se laisser faire, en désir de taper dans la fourmilière, de leur montrer qu’ils n’étaient pas des moins que rien. Bref, cette haine s’est traduite en vengeance. Cette vengeance, en vote vengeur.

Une vague populiste a déferlé sur tous les États-Unis et Donald Trump en est aujourd’hui l’Empereur.

 

Est-ce que les réseaux sociaux sont responsables de l’élection de Donald Trump ? En partie, mais cela n’explique pas tout et les réseaux sociaux ne sont que des plateformes où des personnes a priori responsables ont droit de cité. Des centaines d’autres raisons expliquent la montée en puissance de celui que l’on n’imaginait pas siéger un jour au poste d’homme le plus puissant de la planète.
Trump et la façon dont nous avons traité les conséquences et non les causes, sur les réseaux sociaux, sont une bonne leçon à tirer pour nous.

#Kanye2020

par le 15 novembre 2016

1 commentaire

  1. Article ma foi plutôt juste… on pourrait débattre des heures et des heures sur le pouvoir des réseaux sociaux tellement le sujet est vaste et intéressant.
    En revanche petite erreur d’orthographe à la fin: « Trump et la façon dont nous avons traités les conséquences et non les causes, sur les réseaux sociaux, sont une bonne leçon à tirer pour nous. »
    En effet, « traité » ne prend pas de « s » à la fin puisque le COD est placé après le verbe. Donc le participe passé ne s’accorde pas!
    Bonne journée et attention aux fautes ;)

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