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Quel type de geek êtes-vous ?

Je ne me suis jamais considéré comme un geek. Déjà parce que ce mot n’existait pas quand j’étais plus jeune. A l’époque, pour qualifier les mecs un peu timides, qui aimaient la fantaisie, les bandes dessinées et les jeux vidéo, on disait « intello » ou même « puceau ». Ca ne m’a jamais gêné, j’avais aussi des passions comme le foot qui me faisaient rentrer dans le moule. Dans mon esprit d’enfant ça marchait comme ça : la masse des mecs « normaux » qui aiment le foot et les voitures ; et les autres, les rêveurs, les marginaux.

Merci internet !

Les années 2000 sont arrivées et internet avec elles. C’est là que j’ai commencé à me rendre compte de quelque chose : ce que je croyais être une sous culture était en fait  une culture de masse. Il y avait plus de fans de comics, de jeux de rôle ou de science fiction que je ne l’aurais jamais pensé. Et je pense que beaucoup d’autres « geeks » se sont rendus compte de ça à ce moment là. Oui, le coming out des geeks de tous poils s’était fait plus tôt, comme quand Star Wars est devenu le plus gros succès box office de l’histoire. Mais je suis persuadé qu’internet a joué un rôle important dans l’avènement de cette culture.

Et oui, le mot « geek » n’est plus simplement synonyme du boutonneux, du timide ou du fort en informatique, n’en déplaise à notre cher patron. Il y a bien une culture geek, et elle est en train de gagner. Il suffit de voir les succès box office de films Marvel qui auraient été réservés il y a quelques décennies à un public de fins connaisseurs. Sérieusement, qui connaissait les Gardiens de la Galaxie avant le film ? Il a pourtant fait plus de 700 millions de dollars de recette…

Et ça va plus loin ! Certains éléments de la culture geek sont maintenant si ancrés dans la culture globale qu’on en a oublié leurs origines marginales. Il n’y a pas un hipster sans lunettes de vue à grosses montures, bien que ce fut par le passé un signe distinctif du geek. J’ai été effaré devant cette vidéo « Teens react to Nintendo » où on voit une adolescente découvrir que le motif de sa coque d’iPhone est en fait une manette de NES (à 2:34) !

Et maintenant ?

Il y a de quoi être heureux non ? Les geeks ont gagné ! Malheureusement ce n’est pas si simple et beaucoup ressentent une sorte de paradoxe. On a toujours voulu faire découvrir notre culture, mais quand le grand public s’en est emparé, on a eu l’impression qu’il ne la méritait pas, qu’il ne la comprenait pas.

J’étais le premier à vouloir faire découvrir Le Trône de Fer à tout le monde, mais je suis parfois énervé par ceux qui découvrent la saga à travers la série sans avoir lu le livre. Ce ne sont pas « des vrais ».

Que reste-t-il aux geeks alors ? Certains tentent de se re-marginaliser. On voulait sortir de l’ombre, mais maintenant que cette culture domine, on veut affirmer notre différence. On se qualifie de « nerd » pour marquer notre différence avec le trop populaire geek. On se réfugie dans des œuvres qui n’ont pas encore les faveurs du grand public. Jusqu’à ce que Disney rachète les droits…

Pour  plonger plus profondément dans la culture Geek, penchez-vous sur la série BITS d’ARTE, ou l’excellent Suck My Geek.

 

par le 27 mars 2015

2 commentaires

  1. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de se remarginaliser alors que la culture « geek » commerciale n’est qu’une culture de masse superficielle. Oui nous sommes devenus visibles et synonymes d’une mode populaire, oui il est devenu banal de connaitre les super-héros et de céder au marchandising. C’est devenu tendance de se faire une cession de retro-gaming et cool de porter un t-shirt de série B.

    Mais combien d’entre nous possèdent l’intégralité des machines des années 80-90 et non un émulateur ? Combien d’entre nous passent encore 48h non-stop à jouer à M&M et pratiquent le Speedgaming ? Combien connaissent le nom de TOUT les pokémons ou jouent avec un stick arcade ? Posséder une figurine utra-limitée en blister sans vouloir en tirer profit et j’en passe…

    Se renommer en Nerd ou être frustré est inutile, vivre geek est impossible pour ceux qui ne font que se qualifier de cette catégorie sans en être.

  2. Cet article est surtout parti de la frustration (un peu paradoxale et pas très logique) de voir certaines de mes oeuvres préférées être appropriées par le grand public.

    C’est vrai que dans l’absolu, il n’y a pas à se sentir frustré. Mais je pense quand même que la culture geek doit parfois se remettre en question… Comme le disait Pete Warden dans son article Why nerd culture must die (http://petewarden.com/2014/10/05/why-nerd-culture-must-die/), « on croit toujours être l’Alliance Rebelle mais on est devenu l’Empire » ;)

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