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Les pire dangers du net pour les enfants ?

Ces derniers jours, une grande chasse aux comptes pédophiles a été lancée sur Twitter.
Pour une raison inconnue (et sans grande importance pour la suite de l’article) des milliers de twittos se sont mis à dénoncer « comme spams » des comptes diffusant des photographies de mineurs dans des positions scabreuses. L’affaire a été aussi rondement menée que lorsque les internets se mirent en tête de pourrir l’e-réputation d’une multinationale utilisant de l’huile de palme.

J’aurais pu en rester là, féliciter les citoyens-justiciers et attendre la prochaine chasse aux sorcières pour célébrer avec tous les autres la puissance du net.
Sauf que mon esprit, qui cherche toujours le « pourquoi ? » des « c’est comme ça ! » me pousse à m’interroger sur l’efficacité de cette vindicte populaire.

Mis hors d’état de nuire ?

Si les comptes dénoncés furent rapidement fermés par Twitter, n’aurait-il pas été plus efficace de les signaler aux autorités policières compétentes ? Pour avoir vu, comme beaucoup d’entre vous sûrement, différents reportages sur la chasse aux fans de petites culottes taille 8 ans (Enquête Exclusive ou Envoyé Spécial au hasard), j’ai le souvenir que les limiers d’Interpol préféraient les observer pendant plusieurs mois afin de remonter leurs réseaux de perfides et faire ainsi d’une pierre plusieurs coups. Là, les ordures qui se cachaient derrière les comptes en ont très certainement créé de nouveaux quelques heures plus tard. Au mieux sur Twitter, où on les débusquera sans trop tarder, au pire sur des réseaux moins populaires où l’opinion publique du web n’a pas encore étendu son bras.

Car, quoi qu’en dise l’orthographe, pédophile ne rime pas avec débile. Maintenant que les comptes sont inactifs, comment va-t-on retrouver des acharnés de l’horreur qui utilisaient à coup sûr des adresses ad-hoc et quelques redirections d’I.P. ? Peu de chance qu’ils reçoivent leurs notifications de retweet de photos de nourrissons sur la même adresse que les mails enflammés de leurs copines alibi…

Une histoire entre « Pierre et le Loup » et « Le petit Poucet »

Deuxième question qui m’a traversée l’esprit, dûe à mon passé de pré-KikooLOL membre de la Génération Y : à l’heure où on espionne plus facilement, et sans laisser de trace, un courrier électronique qu’une enveloppe postale de photos douteuses, pourquoi le web est-il le nouvel eldorado des pédophiles ?

Ayant été skyblogueuse (dans une jeunesse honteuse et non assumée), baby-sitter et monitrice de vacances, je peux vous le dire : ils y sont parce que c’est un terrain de chasse rêvé. Limite, pas besoin de chasser ! Des parents inconscients leur offrent leur progéniture en bits et en pixels.

Sans être Super-Nany (R.I.P), je sais qu’être parent ne se limite pas à faire l’effort d’aller récupérer ses enfants à la sortie de l’école pour leur fourrer un Pitch entre les dents.
Comme, dans la vraie vie, tout adulte raisonnable explique à son bambin de 4 ans qu’il ne doit pas suivre les gens qu’il ne connait pas ou sucer des bonbons à la mort-aux-rats, un parent responsable doit expliquer à son enfant que, sur internet, on ne donne pas ses nom, prénom, adresse et numéro de CB parentale aux gens qu’on rencontre. Et ce même s’ils assurent avoir, eux aussi, six ans et le prouvent en récitant du Bieber dans le texte.
Comme on apprend à un enfant de 2 ans que respecter les petits bonhommes rouge et vert lui évitera de se faire écraser, on lui explique les dangers du net pour lui éviter de se faire enlever ou traumatiser dès le jour où il sait cliquer sur quelque chose. Et en 2012, l’enfant comprend de plus en plus tôt, alors pas besoin d’attendre que le drame soit arrivé ! Accident de la route ou accident de tchat…
Et puisque vous ne laissez pas votre petite cousine de 11 ans jouer avec de la dynamite, pourquoi la laisser seule toute la nuit avec un ordinateur dans sa chambre ou son smartphone muni d’un forfait internet illimité ?!

Je pense qu’il est préférable de prévenir que de guérir. Dans cette optique, un plus grand engagement des parents dans l’éducation internet des enfants rendrait la vie numérique des pédophiles beaucoup moins aisée.
Je n’aborderais même pas le sujet des mamans qui, non seulement, ne protègent pas mais exposent la chair de leur chair, l’hyper sexualisent dans un délire fantasmagorique de poupées géantes, offrant des albums photos tout constitués et légendés aux pédophiles.

Après avoir vu des mères s’extasier sur une mini-jupe en skaï taille 3 ans chez Zara, je me demande finalement quel est le grand danger du net pour les enfants entre des pervers pédophiles ou des parents à l’éducation stérile ?

 

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Crédit photo : _chrisUK

par Chloé Fechino le 17 août 2012

1 commentaires

  1. Emmanuel de Saint-Bon
    17 août 2012 à 15 h 16 min

    Excellent article, Chloé ! Merci.
    A mettre en lien avec l’article (de manière connexe) que j’écrivais en juillet sur la publicité sur Facebook pour les moins de 13 ans : http://www.roxane-company.com/blog/2012/06/07/laissez-venir-a-moi-les-enfants-facebook-moins-de-13-ans/

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