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Les pure players, enfants pauvres du web 2.0 ?

L’avènement du web 2.0 ces dernières années a bousculé les codes de nombreux secteurs. Les médias ont été touchés de plein fouet par cette déferlante digitale. Le virage pris est d’autant plus serré que les médias s’enfoncent chaque jour un peu plus dans une crise sans précédent. Entre une baisse du nombre de lecteurs et d’abonnés et une baisse des investissements publicitaires en volume, la presse devait se réinventer.

Le web social, bouée de sauvetage digitale

Le web social, et en particulier l’avènement des blogs, ont offert un nouveau territoire d’expression médiatique. Mais comme souvent quand on touche à internet, les bénéfices sont accompagnés d’un côté obscur.

Les bons côtés de l’avènement des blogs et des médias pure player (comprenez les médias qui n’existent que sur la toile) sont indéniables. Par exemple, le journalisme citoyen n’a jamais été aussi présent et aussi fort. Il suffit de voir l’importance qu’ont eu les blogs, les médias sociaux ou les plateformes de streaming lors du printemps arabe en 2011 pour s’en convaincre. Offrir une plateforme d’expression au grand public était également un bon moyen de proposer une alternative aux médias classiques souvent dirigés par une élite intellectuelle vieillissante. Des médias numériques ouverts à tous permettaient de découvrir des points de vue différents et des informations inédites.

Bref, les médias pure players étaient porteurs de belles promesses. Mais les années 2000 sont loin et la nouvelle décennie semble bien plus amère pour le monde des médias.

La monétisation m’a tuer

Avec le temps les blogs et médias en ligne se sont structurés, et certains ne semblent avoir plus qu’un mot à la bouche : monétisation. Et cette monétisation chère à nos blogueurs passe soit par le display de publicité, soit par les relations presse. Par relation presse, quand on parle de blogueurs, il faut surtout entendre rédaction de billets sponsorisés en échange d’échantillons gratuits. On est loin des conférences de presse où journalistes et institutions entretenaient des relations d’égal à égal.

Le display est donc le principal moteur de revenu pour un blog ou un média online. Le fonctionnement est simple : plus le nombre de lecteurs d’un site est élevé, plus les marques seront prêtes à investir pour y faire de la pub. On en revient alors à une vieille problématique de la presse : pour gagner de l’argent il faut des annonceurs à qui vendre des espaces publicitaires et pour attirer les annonceurs il faut avoir le plus de lecteurs possible.

Pourquoi se contenter du peu ?

C’est là que le bât blesse. Car, comme on vous l’expliquait, le web social, et en particulier Facebook, devient la principale porte d’entrée des lecteurs vers les médias en ligne. Et puisque les blogs et les réseaux sociaux sont issus de la même famille 2.0, on aurait pu s’attendre à ce que les médias en ligne soient créateurs d’innovation en termes de communication sur le web social. Seulement voilà, ils semblent se contenter de tous faire la même chose, en considérant Twitter ou Facebook comme de simples agrégateurs de contenu, des newsfeeds servant seulement à relayer leurs articles. Pas ou peu de conversations avec les fans, pas de storytelling malgré des identités souvent fortes, pas de ligne éditoriale, bref pas de community management !

Considèrent-ils que les (nombreux) lecteurs qui passent déjà par Facebook sont suffisants, ou que même avec un community management fort il ne serait pas possible d’attirer plus de lecteurs via le web social ?

Si l’uniformisation des blogs et de leurs informations peut me gêner en tant que lecteur, en tant que CM dans une agence social media, c’est leur manque de prise de risque et d’innovation en communication qui me frustre le plus.

par Nathan Erlos le 5 juillet 2012

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