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Facebook, what else?

Grande télé-messe de 100 000 fidèles Jeudi dernier au royaume de Facebook : le roi Mark Zuckerberg lui-même a annoncé une série de bouleversements dignes des meilleurs keynotes de Steve Jobs. Bien que tendu, Zuckerberg a réussi ce grand oral et les innovations annoncées élargissent incontestablement les possibilités des utilisateurs. Mais ces innovations recèlent en réalité une transformation donnant un grand gagnant à cette soirée : le réseau Facebook lui-même.

La vie privée, un concept dépassé ?

Mark Zuckerberg a présenté une version profondément remaniée de la timeline de l’utilisateur (ce qui apparaît sur sa page d’accueil), laquelle mêle désormais le temps réel, la recherche historique, ou encore la géolocalisation. La timeline de l’utilisateur permet maintenant de remonter dans le passé de ce dernier, et cela jusqu’à plusieurs années. L’historique de ses déplacements est affiché sur une carte. Les activités menées à un instant t (écouter de la musique par exemple) peuvent être vues et rejointes par un « ami » qui va alors écouter le même morceau que lui, en temps réel !

Ergonomiquement, cela semble très abouti. De surcroît, Facebook joue sur un « ressort de vanité » qui pousse l’utilisateur à se mettre en scène publiquement. Ainsi, la possibilité donnée à un simple particulier de publier l’album de son année sous forme d’infographie (comme une entreprise publie son bilan annuel) rencontrera certainement un vif succès. Naturellement, la diffusion de ces données personnelles est paramétrable très finement, mais qui fait réellement la démarche de se plonger dans ce système complexe aux possibilités innombrables ?

Tout est ainsi fait pour que le système agglomère sans cesse plus de données, offre constamment plus d’infos aux « amis » et… à leurs propres amis. Évidemment, ces usages nouveaux constituent un levier très puissant pour la régie publicitaire de Facebook, laquelle pourra améliorer toujours plus le ciblage de ses offres publicitaires. Celles-ci, affinitaires et contextuelles, devraient logiquement voir leur efficacité accrue.

Les applications au cœur de l’écosystème

A l’instar d’un Apple dont le triptyque gagnant s’appelle [terminaux / contenus / plate-forme de distribution], Facebook réalise une mutation plaçant au centre de son écosystème ses fameuses applications. Ces applications sont des programmes intégrés dans Facebook permettant à l’utilisateur de nombreuses interactions. Ainsi, le célèbre « j’aime » devient polymorphe et peut désormais être « j’écoute », « je mange », « je regarde », « je cuisine », « je visite », etc. En somme, là où l’expression d’un utilisateur portait uniquement sur un objet (j’aime « ceci »), elle s’étend désormais aux verbes, c’est-à-dire aux actions.

L’utilisateur y verra un système enrichi et plus interactif. En outre, il pourra revendiquer et clamer l’utilisation de ses applications dans sa timeline, et cela comme le reflet de son identité et de sa personnalité en ligne. Clairement, les applications de Facebook bénéficient dès lors d’une visibilité accrue et d’une attractivité plus forte au sein du système.

La communauté des développeurs y trouvera un terrain de jeu élargi, lui permettant de produire des applications novatrices. De même, les marques (que Zuckerberg a soigneusement évité d’évoquer) peuvent tirer parti de cette évolution. Cette richesse nouvelle en effet leur fournit un levier additionnel pour interagir avec leurs fans, développer leurs communautés en ligne, faire rayonner leur image, et, in fine, conforter leurs affaires.

Facebook F8 Mark Zuckerberg et partenaires

Nul doute que Zuckerberg et ses équipes réussissent à maintenir leur avance sur leurs concurrents. Bien sûr, certaines des fonctionnalités annoncées font penser à Twitter, ou même à MySpace. D’autres, par exemple, posent des questions nouvelles sur la vie privée ou les droits d’utilisation des produits culturels (musique, films…). Il n’en demeure pas moins que l’écosystème proposé par Facebook est fort, cohérent et très attractif. Il sera intéressant de suivre quelles seront les réactions des concurrents de Facebook, notamment celle de Google+.

par le 26 septembre 2011

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